Dans un long entretien accordé au quotidien béninois Matin Libre, Charbel Zinsou, alias Charbel Stone, revient sur dix ans de carrière : la naissance d’une vocation, la professionnalisation, les scènes marquantes et sa vision de l’illusion comme art du spectacle à part entière.
Un déclic devenu métier
Tout commence en 2015, après le visionnage d’un film sur des illusionnistes. Charbel Stone se forme seul, présente ses premiers tours à ses proches, puis assure en 2017 la première partie de la toute première édition du Cotonou Comedy Club. C’est là que l’idée d’en faire son métier s’impose. La professionnalisation arrive en 2019, lorsqu’il choisit de se consacrer entièrement au développement de son art, en traçant sa propre voie dans un domaine où les modèles de réussite manquent encore au Bénin.
Suivent le Festival international des arts du Bénin, l’émission Ouvrez Grand Les Yeux sur la NCI en Côte d’Ivoire, des collaborations avec Moov, la SOBEBRA et Canal+, ainsi que de nombreux événements privés, dont une prestation devant l’ancien chef de l’État.
L’art de rebondir
Interrogé sur les numéros ratés, l’illusionniste ne se dérobe pas : ils font partie du chemin. L’essentiel, explique-t-il, est de savoir transformer l’imprévu en récit, sans que le public ne s’en aperçoive. C’est de là que vient la place centrale de la narration dans sa magie.
L’une des capacités essentielles dans ce métier, c’est la capacité d’adaptation.
Charbel Stone, à Matin Libre
Il retient d’ailleurs une leçon d’un spectacle interrompu avant son numéro final : aller à l’essentiel, frapper fort dès le début et captiver le public tant qu’il est disponible, plutôt que de vouloir trop en faire.
Illusionniste, pas sorcier
Face à la confusion fréquente entre son art et les pratiques traditionnelles, Charbel Stone est catégorique : tout ce qu’il fait a une explication logique. Il voit dans les mascarades comme le Zangbéto une part de spectacle et d’illusion, et rêve de concilier la magie d’inspiration occidentale avec les réalités béninoises pour créer un art métissé, exportable à travers le monde.
Je ne suis pas sorcier ; je suis un illusionniste.
Charbel Stone, à Matin Libre
Numérique et ambitions
Mentalisme, cartomagie, magie numérique où un objet apparaît à l’écran avant de surgir dans le réel : l’artiste intègre la technologie à l’un des arts les plus anciens, qu’il décrit comme un art complet où se croisent théâtre, musique, danse et mise en scène.
Avec une cinquantaine de spectacles à son actif, son ambition est double : démocratiser l’art de l’illusion pour qu’il ait sa place sur les plus grandes scènes, et monter de grands spectacles racontant des histoires africaines. Un projet de digitalisation est en cours pour porter cette vision au-delà des frontières.
Entretien réalisé par Teddy Gandigbé pour Matin Libre. L’intégralité de l’interview est à lire sur le site du journal.